Rechercher
  • Le Verger

Pression de Pair-formance

Mis à jour : mai 7



Pendant cette période de confinement, certaines personnes peuvent chercher activement à passer le temps en trouvant de nouvelles activités et en profitant de l’opportunité pour faire des tâches longtemps mises de côté. Les articles et les témoignages sont nombreux à circuler sur les médias sociaux et l’on peut voir émerger un courant laissant entendre qu’il peut y avoir de « bonnes » façons de vivre son confinement.


Et si bien vivre son confinement c’était avant tout de s’écouter ?


1. À chacun sa façon


Il n’y a pas qu’une seule manière de vivre le confinement. Si pour certains ce peut être le moment de s’adonner à leurs passions ou de découvrir de nouveaux passe-temps, pour d’autres, ce peut être le moment de recharger ses batteries en limitant ses activités.



Si certains peuvent être motivés à accomplir plusieurs tâches grâce à leur nouveau temps libre, d’autres peuvent se sentir abattus par l’actualité et les restrictions. Dans ces conditions, il apparaît invraisemblable de dicter quelle serait la meilleure façon de vivre le confinement ; chaque personne est différente et en a donc une expérience différente.

2. Déculpabiliser


Dans des temps plus habituels, se comparer à des gens que l’on admire peut consister en une source de motivation pour s’améliorer et faire des changements dans notre vie. Mais la situation actuelle est hors du commun et il est normal de ne pas nécessairement se sentir au top de sa forme ! Ainsi, il est tout à fait correct de ne pas :


· Lire 12000 romans

· Suivre un plan de remise en forme

· Refaire la décoration de son logement

· Se sentir créatif

· Sortir du lit

· De ne pas se maquiller



Etcétéra ! Vous n’êtes pas le seul à ressentir cela et le fait de ne pas coller à ces idéaux de performance ne rend pas votre expérience moins valide. Cela souligne simplement votre individualité : tous ne réagissent pas de la même façon lors que les habitudes sont bouleversées. Si le confinement vous affecte en réduisant votre énergie et votre motivation par exemple, ce peut être l’occasion de ralentir la cadence et de garder l’énergie qui vous reste pour les tâches essentielles. Ces autres projets, vous pourrez les faire plus tard. Et un à la fois.


3. Différentes réalités


Quand l’on est bombardé de messages nous disant quoi faire et comment le faire

en temps de confinement, il peut être difficile de distinguer ce qui nous correspond de ce qui est emprunté. En effet, on peut se retrouver à essayer d’imiter un style de vie qui ne colle tout simplement pas à notre réalité. Ce qui peut créer de la culpabilité lorsque l’on s’aperçoit que l’on n’y arrive pas !


Par exemple, une personne en télétravail qui doit s’occuper de jeunes enfants à la maison et une personne qui vit seule et qui ressent de l’anxiété vis-à-vis l’urgence sanitaire n’auront ni les mêmes besoins, ni la même énergie, ni l’envie de se consacrer aux mêmes activités. Ce peut même être le cas pour deux personnes qui partagent une réalité similaire (quoique jamais identique) !



4. S’écouter


Comment vivre cette période de confinement sans culpabiliser de ne pas achever projet sur projet ? En étant attentif à ses besoins et à sa météo intérieure. Les restrictions et l’actualité peuvent avoir des effets sur l’humeur qui diminuent la capacité de concentration (difficile alors d’entamer quelconque projet qui en demanderait !).



Si l’on se sent fatigué, c’est peut-être que l’on a effectivement besoin de faire une sieste. Si l’on se sent seul, ce peut-être le bon moment d’appeler une connaissance, un membre de la famille ou un ami. Si on a envie de se faire un bon repas, c’est peut-être que l’on a envie de se sentir réconforté par un plat qui nous rend nostalgiques ! Prendre le temps de nommer les émotions ressenties dans ces moments peut être un bon indicateur des besoins profonds que nous avons.


5. Et parce que ne rien faire, ce n’est pas vraiment rien faire !


Un raccourci est souvent fait entre « ne rien faire » et « ne rien faire d’utile », l’un étant assimilé dans l’autre. Lorsque l’on ne fait rien, réellement rien, il y a en réalité plusieurs choses qui se passent. Le cerveau continue de produire des réflexions, d’assimiler les informations, de créer des idées, d’émettre des hypothèses, etc. Ce peut-être un moment crucial pour arriver à solutionner des questions que l’on avait depuis plusieurs semaines.


Pendant ces moments où l’on ne fait rien, on est en fait en train de prendre du temps pour soi, pour se connecter à ses émotions, pour rechercher le calme et pour mettre le doigt sur un besoin qui n’est pas répondu et pour lequel il faut apporter des changements.




Et pourquoi ne rien faire fait-il du bien ?


· Parce qu’on ne le fait jamais : que ce soit par le téléphone, le travail, internet, des magazines, des promenades… Les opportunités de ne rien faire sont immédiatement comblées par du divertissement rapide et accessible.


· Parce que c’est bon pour la santé ! : Trop travailler, être surstimulé, par exemple en travaillant 55h par semaine, augmente les risques de développer des problèmes cardiaques. Une autre bonne raison de diminuer le rythme.


· Parce que ça permet de s’améliorer : lorsque l’on prend le temps de faire des pauses et de s’arrêter pour recharger ses batteries, il s’agit d’un investissement pour les tâches que l’on devra accomplir dans le futur. Ne rien faire permet d’être plus performant, plus créatif et de faire une meilleure résolution de problème lorsque vos ressources seront de nouveau sollicitées.

Et si vous preniez rendez-vous avec vous-mêmes aujourd’hui pour ne rien faire ?






Laurèle Pilote

Intervenante et animatrice

Le Verger centre communautaire

en santé mentale










Source Passeport Santé

23 vues